Épisode 8 : Le mythe Adam-Eve

Livre ouvert et plume dans une forêt, illustrant “feuilleton relire Adam et Ève” sur le GOTM.fr, lecture ésotérique et initiatique.
Relire Adam et Ève, au rythme du feuilleton

Dans cet épisode, nous nous attaquons à l’un des contresens les plus lourds de conséquences de l’histoire biblique : le sommeil d’Adam en kabbale. Car « Tardamah » n’est pas un sommeil, « Tsala » n’est pas une côte, et celle que l’on appelle Ève… n’est pas Ève. Derrière ces schèmes hébraïques travestis par les traducteurs hellénistiques se cachent les clés du Ternaire Divin – Neshamah, Rouach, Nephesh – et la révélation d’ish et isha, principes indissociables de l’androgynat primordial. Une lecture qui remet en question deux mille ans de malentendu sur la nature même de l’Homme.


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Chapitre 5 – Le Sommeil et la Côte (Traductions enfantines) et sa Volonté

« Les grandes âmes ont de la volonté, les faibles n’ont que des souhaits » Proverbe chinois

Au verset 21, Adam s’endort (sommeil sympathique) d’un sommeil mystérieux et profond : « Lui-les-Dieux rompit de l’Unité une des enveloppes siennes (extérieures) et il couvrit avec soin (il colora) forme et beauté corporelle la faiblesse (l’infériorité). » La traduction par « sommeil » du schème « Tardamah » est absurde, il s’agit d’un état de latence préliminaire à toute création ou transformation.

Tardamah est l’incarnation cosmique de l’une de ses « enveloppes-siennes ». Cela n’a pas réellement de rapport ! Les Grecs ont vraiment été incultes pour fausser autant une traduction. Nous voici en présence du plus monumental « plantage » de traduction qui influença tant nos civilisations. Cette idée est pourtant si stupide que l’on ne peut imaginer autre chose que la volonté consciente des « intermédiaires de dieu » de dominer plus de la moitié de l’humanité !

Par ailleurs, « Tsala », traduit par Côte, marque la vacuité du raisonnement des traducteurs. En réalité, ce schème est l’aspect féminin de cette incarnation cosmique, animé d’un mouvement dynamique. Toujours aucun rapport !

C’est ensemble que Tardamah et Tsala vont se libérer de leur passé animal pour se projeter dans leur dimension « cosmique », spirituelle et métaphysique. Ils s’affranchissent de leurs instincts.

Nous voyons que la version helléniste de « côte » est fausse et mesquine.

À partir de cette « erreur » ou « totale incompréhension », ou « acte volontaire » des intermédiaires de dieu, la route du mensonge était irrémédiablement tracée, alors que la notion de « lever une enveloppe » et ainsi faire découvrir une parcelle ou une couche de la Vérité est éminemment initiatique.

« Forme et beauté corporelle » signifie « faire paraître au jour » … C’est faire découvrir le Principe et le rendre visible !

Décidément, cette « histoire » est un Code initiatique, elle décrit la méthode pour s’initier et chacun sait que l’initiation fait peur aux tenants d’un pouvoir de quelque nature que ce soit : pouvoir temporel, pouvoir sacerdotal ou financier… ou même prophétique !

Avec les traductions volontairement erronées de ce mythe fondateur, des générations entières ont vécu à côté de l’essentiel : prendre conscience de ses faiblesses au sens large du terme pour ÊTRE !

Indubitablement, le Chapitre II du Livre de Moyse met en lumière les distinctions qui permettront par polarité à une énergie vitale de venir animer une forme. Chaque énergie vitale ne peut animer qu’une forme conforme à son état de développement, car elle est évolutive.

Lui-les-dieux n’avait nullement besoin de créer la femme car, en donnant existence à Adam, il l’avait déjà fait mâle-et-femelle. Adam est androgyne pour l’éternité. Sa présence est bien réelle en chacun d’entre nous, sous forme principielle. Nous sommes simplement passés, et c’est très souvent bien dommage, d’un état d’androgyne homogène à un état d’androgyne hétérogène. Nous sommes souvent restés, à partir de cette imperceptible altération d’un fugace équilibre, dans l’état vertigineux de la trajectoire de la « chute ». Sans cette altération, l’esprit meurt de soif, de désir, incapable d’aller en haut, ou en bas, à droite ou à gauche, devant ou derrière, tournant sur lui-même comme cet Adam primitif à l’image de l’âne de Buridan[1].

Expliquons, parce qu’un jour, nous aurons l’occasion d’y revenir plus amplement, que Lui-les-Dieux, l’Être des Êtres, que certains prononcent Elohim, se dit IHOAH, terme qui donne, peut-être, naissance à Jean…

Hésitant entre ces deux aspects opposés de l’androgynat, le Verset 22 va nous éclairer un peu plus sur notre évolution. Ce moment est crucial.

Écoutons ce qui est écrit : « De l’enveloppe extérieure de Adam (donc ce qui est visible), IL (Ihoah) a rompu ishah (et non ce n’est pas Hève) », ishah est la « femme intellectuelle » (en termes de principe), la faculté volitive de Adam… Et « il amena elle à lui, Adam ».

Comment les traductions modernes sont-elles arrivées à énoncer la force volitive, ishah par le schème Hève ? Pourquoi ce changement de concept et donc de sens ?

De plus, ishah est écrit sans majuscule, c’est donc que nous n’avons pas affaire à un personnage, mais à un principe, le principe féminin de Adam, sa force auxiliaire et sa faculté volitive.

Isha, l’avenir de l’Homme

isch est le feu intérieur qui brûle, mais qui ne consume pas ; c’est à partir de cet instant que le nouveau nom du genre humain prend conscience de sa dimension cosmique et donc… ishah est l’élément féminin, l’archétype de l’existence, pas encore vivante, parce que, contrairement à tous les autres animaux qui, naissant, sont mus par une connaissance accumulée limitée et définitive, les Hommes naissent pour apprendre.

À ce moment, réside la plus grande intensité de la vie !

Alors, se produit une ouverture sur tous les « possibles-possibles ».

Le processus cyclique de la création est parfaitement explicité : le Grand Principe engendre le principe Adam qui, à son tour, engendre le principe « ishah » par différenciation. Adam peut le faire car il est le germe qui transmet par son émanation.

L’homme présente un ternaire réuni indissolublement en l’Unité qui exprime son identité : la véritable Trinité. Les cherchants en kabbale insistent sur cette Trinité composée de Neshamah, Rouach et Nephesh. Si l’on simplifie les concepts, le premier peut être considéré comme l’esprit, ou encore la raison ; le second est la volonté que certains préfèrent nommer âme ; et, enfin, le troisième est la partie instinctive qui renferme en elle les sens au moyen desquels l’homme entre en contact avec le monde extérieur, l’intuition.

C’est la raison qui conçoit et qui ordonne à la volonté et c’est cette dernière qui dirige les actions de l’être physique au moyen de ses sens. Ainsi, la force volitive « isha », tout en n’étant pas la force alimentaire même (ni physique, ni spirituelle), est néanmoins liée à Adam, car c’est par cette partie animique que se produit l’assimilation des concepts de la raison.

Ainsi, « ishah » insuffle la vie dans isch et isch doit la faire entrer en existence. Nous sommes bien loin du péché originel par désobéissance !

Ils ne sont pas une seule chair, ils ne sont pas le fondement des rapports conjugaux et donc de l’interdiction du divorce. Ils ne sont pas non plus nus sans en avoir honte… Nous sommes, en fait, homme ou femme, Adam.

Nous devrions tous apprendre ce qu’est l’autre en nous, psychologiquement, ésotériquement, bien entendu.

La « femme » est l’avenir de l’homme car Elle montre le chemin.

Ah, ce message ne pouvait satisfaire les intermédiaires de la divinité, arc-boutés sur leur machisme et leur misogynie pathologiques.

Vous voyez, « l’enveloppe extérieure » n’a pas de rapport avec une côte ou un côté. L’enveloppe extérieure est celle qui démontre ce que nous sommes au plus profond de notre personnalité, notre tréfonds. Tout a été, décidément, inversé. Aujourd’hui, mais malheureusement depuis longtemps, seule l’image extérieure compte, regardez ces pathétiques campagnes électorales ou encore la manie du selfie …

Alors que notre aspect extérieur devrait montrer notre volonté, notre chemin, notre voie. Ah oui, c’est complexe. Je croyais d’ailleurs que le chemin initiatique allait nous aider. C’est souvent vrai, fort heureusement. Force est de constater que ce n’est pas toujours le cas.

C’est donc l’histoire de ish et de isha, il n’y a ni Adam ni Hève, isha étant la substance universelle (Verset 23). Nous commençons à percevoir alors que nous assistons au passage du genre humain à un principe intellectuel.

Le genre humain reçoit la capacité de réflexion et une volonté.

En vérité, Adam a été créé dans la solitude de son universalité, il a opéré son individualité en recevant une force auxiliaire.

Il prend conscience de son existence par rapport à l’autre. Sans l’autre, il n’existerait pas (ou tout au moins, il n’en aurait pas conscience… ce qui revient au même).

Cette force est destinée à lui faire réfléchir son image.

Le verset 23 explique avec une grande clarté qui est ishah, une autre partie identique de Adam à laquelle il donne un nom et, par voie de conséquence, l’ipséité. Adam (l’homme universel), ish (l’homme intellectuel) et isha (la volonté principiante, le principe de la femme intellectuelle) sont des principes distincts, mais profondément « intriqués » au sens quantique du terme… Voici le Ternaire Divin, principe fractal de la Création, le Tout est dans le tout.

Tout le temps que durera la formalisation de sa polarité définitive, Adam, l’homme universel, demeurera dans ce sommeil-sympathique pour rendre possible la prise de Conscience que nous sommes « 3 en 1 ».

N’oublions pas que la Cosmogonie du Sepher de Moïse, partant du Haut, nous décrit un processus d’involution. C’est le même pari sur lequel sont fondés les « hauts grades » maçonniques : la transmission descend

Les deux principes décrits dans ces versets sont dans l’homme comme dans la femme sur le plan corporel. « Nous devons donc considérer la manifestation corporelle uniquement comme un effet d’une cause principe invisible dans une forme visible. » Bien entendu, lorsque la polarité féminine en est l’élément manifesté, il bénéficie des attributs de la coloration que lui a donnée IHOAH à savoir la beauté corporelle, l’intuitivité et le Ayin (la vision et la source).

Ainsi, cette reproduction sexuelle et spirituelle bien comprise ne pourra plus exprimer que l’humanité descend d’un Adam et d’une Eve humanisés ou humanoïdes, dans une longue suite de rapports incestueux et de consanguinité créant une succession de dégénérés. En réalité, la descendance est le fruit de l’évolution sur le plan des principes de isha qui transmet les pensées de ish en actes.

Faisons une pause dans cette étude pour assimiler le mensonge lié à la sexualité, essence de l’horreur que vivent de nombreuses femmes au quotidien depuis cette traduction inique.

Dans le prochain épisode, nous entrerons dans le Jardin par la porte interdite. Celle que les religions ont condamnée. Celle que les traducteurs ont travestie en faute. Vous y apprendrez que Nahash n’est pas un serpent, que Tôv et Raâ ne signifient pas « bien » et « mal », qu’Ève n’existe pas encore, et surtout, que la « Chute » d’Adam est en réalité le plus grand Éveil de l’Histoire humaine.
Ce que l’on vous a présenté comme un péché était une initiation. Ce que l’on vous a vendu comme une malédiction était une promesse.
Préparez-vous : au prochain épisode, l’interdit devient la clé.


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[1]     Âne de Buridan : paradoxe issu de la légende selon laquelle un âne est mort de faim entre deux picotins d’avoine (ou entre un seau contenant de l’avoine et un seau contenant de l’eau) faute d’avoir été capable de choisir.


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