Épisode 1 : Le mythe Adam-Eve

Livre ouvert et plume dans une forêt, illustrant “feuilleton relire Adam et Ève” sur le GOTM.fr, lecture ésotérique et initiatique.
Relire Adam et Ève, au rythme du feuilleton

« Plus est grande l’ignorance, plus grand est le dogme ! » Sir William Oster

Une semaine s’est écoulée depuis l’annonce : il est temps d’ouvrir la première page ! Le feuilleton commence aujourd’hui, au rythme choisi de la lecture qui respire, qui revient, qui laisse le mythe travailler. Voici donc le premier épisode du livre « Le mythe Adam-Eve » ou le mensonge universel , offert par Jehan Nomis. Le GOTM vous souhaite une bonne lecture.


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Introduction

« Les vérités que les doctrines religieuses contiennent sont tellement déformées et systématiquement déguisées ». (Sigmund Freud)

C’était une idée courante dans l’ancien Orient que la civilisation n’a pas été voulue par la divinité, qu’elle est le résultat d’un accident, d’un usage inapproprié des facultés que l’homme avait reçues de dieu. La femme avait pour ainsi dire détourné l’homme de sa vocation en lui enseignant la différence entre le bien et le mal, en faisant de lui un être sociable.

La faute de Adam avait comme empoisonné la joie de vivre.

Je sais que ce travail, que j’ai l’honneur de vous présenter ci-après, ne sera jamais ni une œuvre historique (car les événements ne s’éclairent vraiment qu’à l’aune de la Tradition), ni également une apologétique[1] (car les religions n’ont pas pour but d’éclairer et de libérer les potentialités de l’Homme).

Je sais que la recherche d’un chemin continu des mystères initiatiques serait vaine et vouée à l’échec. Depuis toujours, l’homme a eu besoin de connaître son origine ou le mythe de la sagesse primordiale. Le mythe du premier homme (ou de l’origine) est destiné à rendre possible une vie nouvelle (une « seconde vie », comme cela est exprimé dans le milieu des « initiés »).  Pour certains, cette idée n’est possible que par le retour vers son origine absolue, afin de construire au-devant de soi une vie nouvelle.

Quel paradoxe, comme le dirait l’un de mes amis très chers.

Ainsi, l’homme ouvre toujours son champ de vision pour aller plus loin, plus haut et, simultanément, plus profondément. Au-delà de ses potentialités, il sort de son être pour le projeter là où il rêve d’être pour se retrouver et être vraiment !

Nombreux furent ceux qui ont pris le chemin du retour sur soi. Ils partirent vers la Chine, les Indes, Sumer, la Judée, l’Égypte … Pythagore découvrit en Égypte les bases de son célèbre théorème. Mais, il ne fut pas seul, Marco Polo, Alexandre le Grand, Plutarque et bien d’autres … tous suivirent, en fait, le chemin de la progression vers la liberté.

Il suffit de suivre ce chemin pour comprendre l’homme et son évolution, autant sinon plus qu’en suivant celui de l’évolution du développement économique.

Quelles que soient les traditions et les exégètes, Adam symbolise le premier homme et l’image de dieu.  Premier dans l’ordre de la Nature, Adam serait le sommet de la création terrestre, l’être suprême en humanité. Adam serait, ainsi, la synthèse de l’Univers créé, le centre et le nombril du monde, alors que tous les éléments se réunissent dans cette création.

Nous verrons que cette thèse ne sera pas confirmée par l’étude qui suit.

Selon le Livre de la Genèse, « Adam et Ève ont été expulsés du paradis parce qu’ils avaient mangé une pomme »,selon Le secret bien gardé (source Internet), rédigé par un inconnu.

Au préalable, pour que ma thèse soit parfaitement explicite, quand je cite le Livre de la Genèse, il s’agit d’une traduction religieuse de ce mythe. Quand je cite le texte ésotérique, je parle du Livre de Moyse. Un développement plus avant explicitera les raisons de cette distinction essentielle.

Et depuis ce terrible jour, vous et moi sommes voués au malheur : tels des Sysiphes, nous devons pousser ce « péché » tout au long de notre vie sans jamais pouvoir racheter la faute originelle de nos lointains parents, et encore moins ouvrir la porte du paradis. Il en faudra des « Ave » et des « Pater » pour entrouvrir la porte du Paradis. Il est vrai qu’une religion apprend à bien mourir et qu’une société initiatique apprend à mieux vivre !

Ah ! si Eve n’avait pas été si curieuse.

Nous sommes donc tous coupables, et la femme plutôt dix fois qu’une (cela rassure les religieux). Selon saint Paul, Tertullien et saint Augustin, parce que cette faute est retransmise de génération en génération par l’union sexuelle, elle-même n’étant qu’une pure répétition systématique du péché originel.

Tout cela à cause d’un « sympathique » petit serpent qui n’est, pourtant, en rien « diabolique » !

Selon saint Jérôme[2], dieu condamne d’autant plus ce mariage que le mari est amoureux de son épouse (si, si, vous avez bien lu !) : « Rien n’est plus infâme que le mari qui aime sa femme comme une maîtresse : il commet le péché d’adultère ». Ils sont fous ces extrémistes !

Autant dire que le seul mariage qui n’ait jamais trouvé grâce aux yeux de ce clergé catholique, malade de sa chasteté, est le « mariage blanc », celui qui n’est contracté que pour les seuls besoins de procréation, toujours à cause du péché de Ève.

Tous les commentateurs ont écrit des pages et des pages d’explications sur cette « faute originelle », cette « chute de l’homme », cette « perte de la grâce », cette « perversion de la femme ». En réalité, ils ont écrit soit sur ordre soit sous la contrainte. Nous ont-ils véritablement convaincus ?

Je reconnais qu’il était difficile, a priori, de nous faire admettre que ce « péché originel » ait notamment permis à saint Paul d’écrire que « la femme est un corps sans tête ».

Depuis presque trois mille ans, des millions d’hommes et de femmes ont été nourris d’un texte qui a été entièrement trafiqué, fabriqué et transformé par un ou plusieurs scribes grecs, juifs ou chrétiens depuis ledit retour de Babylone. S’ils avaient lu, honnêtement, simplement, le Sepher de Moyse, ils se seraient aperçus qu’il n’y a jamais eu ni serpent, ni péché de la femme.

En revanche, il y a bien eu un mensonge phénoménal grâce à un savant « mélange » de passages ôtés et d’autres réécrits. Les scribes ont traduit le Livre de Moyse en en modifiant toute la structure pour l’adapter aux besoins de ceux qui les payaient… au mieux !

Ce mensonge a profondément changé la vie des hommes sur cette planète depuis fort longtemps, et il a surtout bouleversé celle des femmes ; ce mensonge universel, car il touche toutes les religions du Livre, a annihilé tant d’intelligences, d’espérances, de connaissances sur notre Adamah.

Si l’on souhaite donner une définition simple de ce schème, Adamah est la terre labourée, travaillée par l’homme, c’est cette terre qui reçoit le sang de Adam et ainsi, elle permet la germination des êtres.

Pourtant, imaginez un prêtre, un pasteur, un rabbin, un imam annoncer : « Mes chers fidèles, il n’y a jamais eu de péché originel. Ève n’a pas péché. Vous n’avez pas à vous voiler, ni à être mariées de force » …

La vie sur terre recommencerait à être radieuse.

Si, en plus, l’Homme avait la fière idée de respecter la nature, nous serions alors proches du Gan-Eden.

Certes, la cosmogonie relatée dans le premier chapitre du Livre de Moyse puise, selon toute vraisemblance, ses sources dans les légendes de Sumer, comme d’ailleurs toutes les civilisations mésopotamiennes et même la théocratie pharaonique égyptienne. Néanmoins, elle structure les murs et les charpentes de la construction ésotérique en ouvrant les portes de notre prise de conscience que tout est énergie ; notamment par la présence des sept jours (ou plus exactement 6), des quatre « éléments » préexistants (la ténèbre, l’abîme, le souffle des Élohîm et l’eau), sans oublier la Lumière dans son double sens extérieur et intérieur. Le Livre de Moyse est le bréviaire de la compréhension du comment de la création de notre Univers et du rôle de l’Homme, le « continuateur » de cette création, dans cet Univers.

Je dois avertir le lecteur qu’étant un penseur libre (mais non un libre-penseur), je ne fais confiance qu’à une seule tradition, pour appréhender les enseignements exceptionnels que l’on peut vivre au quotidien, de ce Livre de Moyse : la Kabbale de tradition[3]. « D’abord, la kabbale n’existe que si elle est une voie de recherche de soi-même. Elle n’est ni mystique ni code magique. En deuxième lieu, personne ne peut se définir comme kabbaliste.  Au mieux, nous sommes des cherchants en kabbale. En troisième lieu, à chaque instant, n’oubliez pas que le secret de la réussite en recherche kabbalistique est l’Humilité. Enfin, ne jamais confondre le signifié et le signifiant. »

En réalité, j’utilise le « langage hébraïque » comme un support essentiel de réflexion, un média entre le monde de cette tradition et celui de la vie quotidienne. Pour ma part, la racine et la lettre hébraïque constituent la passerelle vers le monde énergétique dans lequel nous baignons quotidiennement sans toujours en avoir réellement conscience. Toutefois, j’accepte la critique ou une conception contraire, étant totalement convaincu que seule est efficiente « la réunion des esprits nécessairement contradictoires » … dès lors que ces esprits sont sincères.


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[1]     Apologétique : partie de la théologie ayant pour objet de démontrer la crédibilité rationnelle et historique d’un dogme ; point de départ de l’adhésion par la foi.

[2]     Né vers 347 à Stridon (Dalmatie), mort en 420 à Bethléem, auteur des Commentaires sur l’Ecclésiaste et traducteur des Psaumes et de nombreux autres commentaires. Il fut un grand défenseur de la sobriété.

[3]     Cf « Je serai qui je serai » Essai sur la « Sagesse Hébraïque », support de l’Initiation Maçonnique (Nomis), Editions Le Lys Bleu.



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