
Dans ce neuvième épisode du feuilleton consacré à la relecture initiatique d’Adam et Ève, nous abordons l’un des contresens les plus tenaces de la Tradition occidentale : la signification ésotérique de Nahash, le « Serpent » de la Genèse. Loin du reptile tentateur des images d’Épinal religieuses, Nahash se révèle être l’Ardeur cupide, ce feu intérieur porteur des mémoires du temps, sans lequel Isha ne pourrait accomplir son choix souverain. À travers les versets du Chapitre III du Sepher de Moyse, nous verrons comment l’épisode supposé du « péché originel » est en réalité le récit codé d’une transmutation initiatique, où le bien (Tôv) et le mal (Raâ) prennent un sens diamétralement opposé à celui que la doctrine vous a transmis.
Parcours de lecture : ⟵ Épisode précédent | Sommaire | Épisode suivant ⟶
Chapitre 5 (suite)
Vous avez dit « sexualité »
En consommant le fruit de l’Arbre de la connaissance et en s’appropriant son mana, ils vont devenir « comme des Elohim pour ce qui est de la connaissance du bien et du mal ». Nous verrons que cela implique essentiellement l’aptitude à la connaissance et à l’intelligence. Bien évidemment, ce message ne pouvait être supporté par les intermédiaires de dieu, il fallait ne pas prendre le risque d’ouvrir la porte à la conscience de la sexualité. Alors, ils imaginent et feront la promotion de l’expulsion du Jardin d’Eden pour Adam, Eve, leurs descendants. Nous en sommes. Nous ne pourrons plus bénéficier de l’immortalité ; cruel désespoir !
De plus, nous serons punis, nous connaîtrons la souffrance.
Nous verrons que ces concepts, comme à l’accoutumée, ne sont que des fausses traductions…
Ces transcriptions immondes nous rapportent que le mana du fruit de l’Arbre de la connaissance possède un deuxième pouvoir : celui de la découverte de la vie sexuelle. Jusque-là, Adam et Eve n’en avaient pas ou, comme les animaux, ils pratiquaient instinctivement, ils n’en avaient pas conscience. Auparavant, ils vivaient nus, sans en avoir honte, mais après avoir « consommé » le fruit d’un arbre, par miracle si j’ose dire, ils vont connaître la pudeur… Ce récit insulte l’intelligence des hommes et pourtant, sa trace est encore vivace dans ce qu’il faut bien appeler des « cervelles » plutôt que des cerveaux, d’autant que la faute en revient, inévitablement, à la femme. Certains sont allés encore un peu plus dans l’ignominie. Ils ont ainsi considéré que l’expression « connaissance du bien et du mal » défini la disposition à la vie sexuelle et la connaissance concomitante de la jouissance (le bien) qu’elle procure.
Pourquoi, alors même que cet acte d’amour est consubstantiel à l’Homme, dieu condamnerait-il cette « connaissance » de la sexualité ?
Ah, j’oubliais : le plaisir est péché !
De tout temps, ce qui touche à la sexualité a été vu comme un interdit religieux. En vérité, la sexualité permet l’engendrement. Elle appartient donc au domaine du sacré. Elle n’est nullement un privilège des dieux (et encore moins de leurs intermédiaires).
Mais qui donc peut croire que, si dieu a existé, il puisse avoir une idée aussi saugrenue que celle-là. Si dieu a créé l’homme avec comme aptitude celle de la connaissance et celle de la sexualité, on ne peut imaginer qu’il devrait en être privé.
Dieu l’a fait ainsi, et il considéra que cela était bon. Ainsi, les intermédiaires de dieu ne respecteraient donc pas les préceptes de leur divinité.
Alors, croient-ils réellement ?
En fait, rien de tout cela n’existe car rien de tout cela n’est écrit dans le Livre de Moyse. D’ailleurs, rien ne prouve que dieu se soit opposé à la conquête de la sexualité et du pouvoir d’enfanter dans les textes de tradition.
Pour notre satisfaction de la compréhension du thème central de ce mythe, Adam et sa force volitive sont essentiels car ils nous aident à appréhender les archétypes et les processus de transformation.
Il s’agit, en fait, de la phase d’individuation de isha.
Vive le Serpent
J’espère que vous avez compris, Mesdames, que vous n’êtes pas seulement isha, vous n’êtes pas seulement faites pour faire réfléchir l’image de votre homme. Et pourtant, combien de fois vous l’a-t’on fait croire, l’éducation des jeunes filles d’antan n’était-elle pas seulement consacrée à cela ?
Le nom Adam ne génère pas le nom de sa « compagne » car Adam comme « genre humain » ne saurait avoir une compagne dans le sens trivial du terme. N’oubliez pas, Adam n’a point de féminin, il est fait mâle et femelle !
La volonté propre, isha, individualise Adam, le rend indépendant et donc lui donne la FORCE CRÉATRICE au moyen de laquelle Adam réalise ses CONCEPTIONS et les fait passer de PUISSANCE en ACTE.
C’est le mariage rythmique entre éléments solidaires à l’image du Yin-Yang des cherchants en Tao (prononcer Dao). Aucun élément de ses deux constituants ne peut être isolé, chacun étant à la fois le passé et le futur, la cause et l’effet de l’autre.
C’est tout le moteur du genre humain !
Il s’agit d’un système en mouvement, entre deux modes d’agir, qui rejettent l’existence des genres masculin et féminin, ainsi que toute polarité ésotérique.
Ainsi, d’une Unité originelle découle l’ensemble des diversités. Cependant, cela fera l’objet des Chapitres suivants du Livre de Moyse, donc l’objet d’une autre recherche. Toutefois, insistons qu’à compter de ce jour, celui de la compréhension ésotérique du mythe de Adam et de Eve, le continuel processus d’actualisation découle de la seule interaction des éléments en jeu, sans intervention d’aucun démiurge extérieur.
Par ailleurs, afin de ne pas confondre et de commettre des erreurs d’interprétation, le Verset 24 explique clairement que les deux, ish et isha, ne « forment qu’un être » (ils seront selon la forme extérieure UN). C’est clair pourtant !
Nonobstant, cela n’a pas empêché les délires religieux.
Pour ceux qui auraient un doute encore, le verset 25 va plus loin : « ils étaient les deux eux-mêmes, non pas se faisaient honte entre eux ».
Je comprends pourquoi le Maître Jésus disait (Matthieu 13.13) : « C’est pourquoi je leur parle en paraboles, parce qu’en voyant ils ne voient point, et qu’en entendant ils n’entendent ni ne comprennent ».
Chapitre III du Livre de Moyse
Nous arrivons au moment où les informations transmises vont s’avérer succulentes.
Verset 1 : « non pas vous vous alimenterez de toute substance de l’enceinte organique ». Ce message est exprimé à isha.
Qui apporte ce message ?
Le Serpent grec. Que nenni, l’Ardeur Cupide, envieuse, intéressée, égoïste.
C’est écrit ainsi.
Je comprends que le récit féerique attire toujours les « gogos ».
Le Serpent parle, le jardin est enchanté, les feuilles de vigne cachent ces sexes que je ne saurais voir… Au nom de cette pitoyable traduction de notre mythe fondateur, les hommes rabaissent la femme, elle ne sera jamais l’égale des hommes. Il fallait bien qu’elles se défendent ; alors, les femmes exploiteront – mais avaient-elles le choix – l’ambition de l’état de préhumain dans lequel les hommes sont toujours (ou de sous-humain si vous le préférez !). Décidément, le chanteur Renaud n’avait pas tort !
Alors, pourquoi cette histoire puérile, débile ?
Parce que la lecture de la signification réelle fait peur !
Parce que l’Humanité doit demeurer infantile et obéir à ceux qui parlent au nom d’un « père » situé au ciel et que l’on ne verra jamais !
Non, la naissance ou la re-naissance n’est pas un péché, la liberté n’est pas désobéissance, ni l’élévation spirituelle une catastrophe !
Revenons à notre ami le Serpent.
Nahash n’est pas un serpent, la racine qui crée ce mot est plus proche du feu intérieur que du serpent, feu intérieur dans le sens d’exaltation, de foyer ardent, l’ardeur passionnée en somme.
Cette mauvaise traduction remonte à l’époque de la captivité de Babylone et coïncide avec la perte totale de la signification ésotérique du langage hébraïque et, ainsi, la Tradition Hébraïque est devenue, peu à peu, l’un des supports d’une religion !
Ce qui a été traduit dans la Genèse par le serpent n’est qu’un principe de l’animalité de la nature élémentaire. Avec l’Ardeur-cupide Nahash, nous sommes en présence de la manifestation du principe tentateur de la puissance contractante. Ce principe cherche en permanence à asservir la Force Volitive, en la séparant de la Conscience.
Nahash est, en réalité, le porteur de toutes les mémoires du temps. Il a la mission de transmettre la durée à ces êtres neufs représentés par Adam. Ils doivent posséder en eux la totalité du temps pour être pleinement incarnés.
Nahash n’est pas en soi bien ou mal, il est ce qu’il doit être chaque fois que les circonstances sont réunies pour cela. Ceux qui cherchent, dans la création, ces forces du mal qui seraient d’origine divine, font une erreur dont les conséquences ont été dramatiques pour la femme et notre civilisation. Nous aurons, en pratique, toujours la responsabilité du choix entre l’action constructrice ou celle qui détruira l’harmonie de la Nature. Nous en aurons toujours la responsabilité ; c’est ainsi qu’il faut comprendre que nous allons devenir les porteurs des mémoires du temps et donc de tous les enseignements de nos anciens.
Regardons, à nouveau, un instant ce que recouvrent les notions de bien et de mal. Le bien est Tôv : l’action statique. Le mal est Raâ : la destruction de tout ce qui est statique.
Ils ne peuvent s’individualiser !
Tout élément immobile entrave le flux de ce qui est neuf, de ce qui surgit, recréé, de ce qui est la qualité spécifique de la genèse humaine.
Nous appelons « bien » tout ce qui constitue le contenant de notre conscience et « mal » ce qui met en danger l’armure de nos certitudes (armure bien souvent rouillée…).
Tôv (bien) représente, en somme, la répétition des mêmes données qui empêchent l’évolution et Raâ (mal) la rupture de nos cristallisations, un ÉVEIL!
Vous avouerez que nous utilisons ces mots dans un sens inverse, contraire.
Sommes-nous réellement surpris de cet état de fait ?
Il est simplement question de manger de ce fameux fruit sans en mourir et tout en se demandant lequel des deux arbres le permet (n’oublions pas qu’il y en a deux !).
Pouvons-nous devenir « comme des dieux, connaissant le bien et le mal » ? (Gen. III, 5)
Et comme il est dit dans Gen. III, 22 : « voici, l’Homme est devenu comme l’un de nous » (comme un dieu-principe).
En vérité, le SERPENT réunit le feu terrestre, tellurique (d’où il vient, de la terre enfouie) au feu (ou souffle) céleste (quand il tend vers le ciel, il se lève) et ainsi isha redonne vie à ish.
C’est la naissance de l’Homo sapiens-sapiens.
L’énergie psychique envahit les corps.
Nous ne sommes ni dans le Péché de Adam, ni dans le « châtiment de l’Humanité ».
D’ailleurs, Eve n’existe pas dans ce Jardin. Il n’y a pas de pomme. Hhêvah arrive seulement à Gen. III,20, pas avant ! Évidemment, les misogynes diraient de notre Eve, dans la mesure où elle est une femme, qu’elle sait se faire attendre, elle connaît toutes les ficelles pour se faire désirer…
Au Verset 2, isha dit le contraire de la recommandation qu’elle avait reçue : « Nous pouvons nous alimenter de cette substance organique-fruit ».
Adam n’est pas encore l’homme intellectuel (d’ailleurs, au moment précis de la transformation, il changera de Nom) ; l’homme physique laisse agir une partie de lui-même, sa faculté volitive, cette autre polarité de lui-même.
Adam, en tant qu’homme intellectuel en préparation, a parfaitement conscience d’avoir reçu tous les principes de vie, il ne les refuse pas.
En effet, la conscience différenciée de l’universel doit obligatoirement passer par la connaissance éprouvée, ce qui n’est rien d’autre que le célèbre « Éprouvez-moi » maçonnique, c’est-à-dire l’élargissement du champ de conscience, l’agrandissement de l’angle du compas. Nous sommes, enfin, au début de la transmutation. Le champ de la conscience se trouve élargi (enrichi) par les connaissances, en passant d’une perception virtuelle (contingente) à une perception réelle de son existence et donc de sa mission. Et comme le dirait Krishnamurti, c’est le moment de « L’Éveil de l’Intelligence ».
Au Verset 3, Lui-les-dieux, pourtant répète : « non pas vous pourrez vous alimenter ». Remarquons l’utilisation du futur : « vous pourrez ». De plus, la négation « non-pas » n’est pas une interdiction catégorique, mais l’explication d’une incompatibilité. Ainsi, il faut comprendre que si vous vous alimentez de cette substance, votre nature ne sera plus compatible avec votre état actuel et précédent. Le Vivant nous transmet un enseignement et non pas une interdiction formelle.
Comment peut-on croire en un démiurge et, simultanément, croire qu’une interdiction formelle « divine » puisse être transgressée ?
Alors, votre essence immortelle restera extérieure à votre changement d’état.
L’avertissement est clair : il insiste sur le moment extraordinairement important que nous vivons. Réveillons-nous, c’est le moment ou jamais de comprendre que nous allons changer d’état. Dans tout processus initiatique, des avertissements jonchent le parcours du récipiendaire.
Est-ce suffisant ? Je vous laisse libre de votre réponse tout comme le divin laisse isha libre de son choix.
Et le Vivant continue, Verset 4 : « de peur que vous vous fassiez inévitablement mourir ». La convoitise vous fera mourir dans ce que vous pourriez être, dans ce que vous devriez être, dans ce que vous rêviez d’être. Par la convoitise, vous limitez votre champ des possibles, vous fermez l’écartement de votre compas.
Nahash éclaire isha en lui signalant qu’il ne s’agit pas d’une mort inévitable, mais bien de cycles d’évolutions… Nahash ne dit rien qui soit erroné, mais juste ce qui éveille l’esprit et ce qui implique la manifestation du choix.
En réalité, le terme « mourir » n’est pas utilisé dans son futur imminent. On ne se rapporte pas, dans ces versets, à la destruction ou à l’anéantissement physique, mais au contraire à la transmutation de la substance vers l’esprit (la mort au vieil homme).
Mais, où est passé le péché originel ?
En vérité, il est proposé à ish et isha de quitter la béatitude de l’inconscience pour la lucidité de la conscience.
Ish et isha sont avertis : cela ne se fera pas sans peine, il faudra en payer le prix, c’est-à-dire faire les efforts nécessaires et suffisants, comme cela est exprimé dans une maxime de l’Égypte ancienne : « Je ne me plains pas des coups provenant d’hier ». Les épreuves subies par l’homme dans son existence passée ne doivent pas le décourager. Nonobstant, tout au contraire, servir d’une sorte de pierre de touche pour prouver son désir dirigé vers l’évolution.
La conscience se trouve dans une position étrange, car elle ne peut pas se saisir elle-même comme elle peut saisir tout ce qui n’est pas elle, tout en sachant néanmoins qu’elle est bien elle-même. L’enjeu ésotérique est entièrement lié à cette position paradoxale.
La conscience est le lieu pivot qui se trouve à chaque niveau et permet de passer d’un niveau à un méta-niveau. Ce « point d’appui » semble l’enjeu de toute quête : le passage d’une dimension à une autre, lieu de notre accomplissement et de notre liberté la plus absolue.
Si l’invitation du Verset 5 est bien comprise, par la consommation de cet aliment (je rappelle qu’il est partout dans l’enceinte organique), les yeux du genre humain seront « ouverts à la lumière » et « vous serez tels que Lui-les-dieux, connaissant le bien et le mal ».
Quel scandale y a-t-il à cela ?
Alors, on comprend mieux la fameuse chute d’Adam : elle crée la mise à l’épreuve par l’interdiction. La Loi divine permet à l’homme de cueillir durant sa vie terrestre des fruits de la connaissance que ne peuvent lui procurer les jardins du paradis.
Cette marche vers le libre arbitre fonde la nature de Adam : ouvrir à cette faculté volitive tous les champs du possible. Cet héritage grandiose, nous ne le recevrons pas dans l’au-delà, nous l’avons reçu dès l’origine et il est intrinsèque à notre Être. Le « Royaume » est à l’intérieur de nous et il est à l’extérieur de nous ! Comment nos anciens ont-ils pu vivre sur le fondement que la Connaissance était une malédiction ?
Ce n’est pas l’interdiction apparente qui est importante, c’est sa transgression.
La transgression est à la base du questionnement et de la démarche initiatique. Et alors, isha s’alimenta (désirée « selon les yeux », agréable « selon le goût ») et, en même temps, ish (pas Adam) s’alimenta…
Puis, suit l’expression, à mon sens, la plus importante du verset 6, trop souvent oubliée : « selon l’action d’universaliser l’intelligence ».
Dans ce verset 6, isha, la Force Volitive, exerce la plénitude de ses facultés de libre arbitre ; isha choisit la voie de la Connaissance qu’elle considère comme bonne et communément désirée. Bien entendu, il y a du sacrifice dans ce choix, il y a de l’effort, de l’acharnement, du courage (la plus grande des vertus). Ainsi, isha permet à l’Homme d’entrer dans le domaine du relatif, qui est le seul permettant l’expression du libre arbitre. Insistons sur le fait que cette décision est prise en pleine responsabilité. Elle ne désire pas la Connaissance uniquement pour elle-même dans un but éphémère et imbécile de domination des autres, mais souhaite plutôt un partage authentique avec « l’autre ».
Cette intelligence est le fruit de la propre réflexion de isha.
À suivre…
Dans le prochain épisode de notre feuilleton consacré à la relecture initiatique d’Adam et Ève, nous quitterons le Jardin pour aborder l’enjeu fondamental qui découle de l’éveil d’Isha : le partage. Si Nahash a ouvert la voie de la Connaissance, encore faut-il savoir qu’en faire. Que devient cette intelligence nouvellement acquise lorsqu’elle reste prisonnière d’un seul ? Nous verrons pourquoi la communauté de recherche ésotérique constitue le seul antidote véritable à l’endormissement collectif, pourquoi le confort moderne anesthésie la force volitive, et comment la fusion entre ish et isha trouve son accomplissement dans le geste fondateur de tout chemin initiatique : transmettre.
Pour ne manquer aucun épisode de cette traversée du Sepher de Moyse, abonnez-vous gratuitement à gotm.fr — vous recevrez chaque nouvelle parution directement, sans avoir à courir après les feuilletons.
Parcours de lecture : ⟵ Épisode précédent | Sommaire | Épisode suivant ⟶
En savoir plus sur GOTM
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Laisser un commentaire