Le travail intérieur doit rayonner à l’extérieur 

La construction du Temple de l’humanité est un des rôles fondamentaux pour nous, Francs-Maçons, c’est écrit dans toutes nos différentes constitutions. Nous sommes ceux qui tentent de construire un groupe humain à la recherche du vrai, du beau et du bien.

Mais, faut-il encore rechercher ce que nous sommes dans les profondeurs invisibles de notre Être et non dans l’image extérieure de nos actes. C’est cela le travail intérieur. Nos symboles nous aident, notre méthode nous permet d’y arriver, la Loge nous met sur la voie du sens.

Nous n’avons pas besoin d’agir plus mais d’agir mieux.

Tout dépend de la qualité de nos actes et de nos expériences.

Il nous faut reprendre possession de nous-mêmes avant d’agir.

Tant que nous ne sommes pas maîtres de nous-mêmes, toute activité est futile.

Le Temple intérieur …

Travailler sur notre Temple Intérieur est la voie mais elle est d’abord une vie. Cette vie inspire une conduite, elle fonde une spiritualité, elle engendre une sagesse.

La vie, puisqu’elle est Lumière pour les Francs-Maçons, permet d’éclairer la pénombre du monde profane, d’illuminer autant que possible le mystère de la vie maçonnique. La Lumière est cette connaissance qui est au fond de nous-mêmes et nous en prenons conscience grâce notamment à la transmission de la méthode et de nos outils.

L’homme a perdu le sens du monde. Le Franc-Maçon sait qu’il existe un sens et qu’il peut le révéler.

D’ailleurs, à l’initiation de chacune d’entre nous, il existe un écueil à franchir ; je veux parler de l’obligation de se « bien connaître ». On n’entre pas dans le Franc-Maçonnerie pour demeurer identique à ce que l’on est avant de franchir la porte d’Occident. Notre Ordre a besoin de femmes qui, malgré l’importance de leur acquis, estiment et estimeront sans cesse, qu’il reste toujours quelque chose à apprendre et à transmettre.

Effectivement, si la Lumière intérieure conférée par l’Initiation a suffisamment impressionné la Raison et la Conscience de l’impétrant, s’il s’est aperçu avoir pénétré un monde nouveau où beaucoup de choses sont à découvrir, il lui faut ne pas devoir craindre de réviser à fond son être intime.

Le maçon doit, c’est son ouvrage, s’examiner et s’interroger conformément aux règles du travail imposé par l’Apprentissage – la taille de la pierre brute – mais sans s’immobiliser face aux interrogations ou déceptions ou encore écueils. Car le travail d’introspection, qui est bien celui de l’apprenti, ne doit pas dégénérer en un interminable monologue intérieur restant sans aboutissement. C’est vers une détermination active qu’il doit aller et non vers le renoncement car nous sommes, avant doute, des constructeurs en toutes circonstances. S’examiner souvent, en s’efforçant d’être l’observateur critique et impartial de ses pensées et de ses actions, demeure une obligation pour chacune de nous, si nous avons pleinement l’intention de nous corriger, de nous amender, aux fins de mieux nous comporter.

Le « Ne crains pas d’avancer lentement, crains seulement de t’arrêter » est l’une de nos plus fortes devises.

Seulement cet examen ne doit pas conduire à une recherche intérieure tellement poussée, tellement intense, qu’elle n’aboutisse à aucun choix. La réalité est différente, elle exige que l’on sache se déterminer dans le cadre des obligations Maçonniques, sans quoi l’appartenance à la Franc-Maçonnerie n’est plus que du dilettantisme ou une carte de visite. Nous commettrions une lourde erreur si nous nous contentions, seulement, pendant notre temps de présence aux tenues de simuler les principes et non les vivre tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il ne sert à rien de regarder son nombril se transformer en delta lumineux et attendre que le mur ne s‘élève tout seul.

Les vrais maçons tentent simplement d’appliquer les principes de vie, au quotidien, présents dans nos symboles et nos rituels. Le vrai maçon ne possède pas deux faces mais une conviction et une attitude de cohérence.

Le Temple extérieur…

L’espoir de la Maçonnerie serait de rayonner sur tout l’Univers.

Regardons la réalité d’aujourd’hui bien en face : ni en tant qu’Institution, ni en tant qu’Utopie, ni en tant que Force d’action, la Franc-Maçonnerie n’est prise au sérieuxni par le monde philosophique, ni politique, ni religieux, ni social, ni économique actuels. Nous resterons dans cette erreur, et peut-être bien à perpétuité, tant que nous considérerons que nous pouvons avoir quelque effet sur le reste de l’Univers en tant qu’un Collectif qui aurait nom Franc-Maçonnerie.

En fait, l’esprit de la Maçonnerie devrait être partout véhiculépar le rayonnement individuel de chacune d’entre nous : la transmission par l’exemple.

La Connaissance acquise – se construire soi-même – est le seule possibilité. Celui qui y parviendrait serait Pharaon ailé, l’initié initiant. C’est sur cet idéal que l’Égypte a duré beaucoup plus que deux mille ans.

En fait, il suffit de se rattacher à la simple tradition du Rituel du 1er DS qui veut que nous répandions au dehors du Temple les Vérités que nous avons acquises dedans (et non l’inverse). Et c’est bien là tout le problème.

C’est dans la mise en mouvement de nos Idées, c’est dans ce surgissement de tous les instants, c’est dans cette insurrection permanente contre l’injustice, l’inégalité et le manque de Fraternité que réside la meilleure forme d’action des Francs-Maçons.

Si l’on veut que les enseignements que nous avons décelés en Loge puissent être partagés avec le reste de l’Humanité, on doit s’attacher, et tant pis si c’est plus difficile, à ne plus s’inspirer de ce que l’on a appris à l’école, à la maison, au syndicat ou au Parti, mais de ce que l’on a vécu en Loge, dans les voyages que l’on y a accomplis, dans les tenues auxquelles on a participé, dans les rituels que l’on y a étudiés et dans les serments que l’on y a prêtés.

Et pour cela, la seule forme d’action possible et envisageable, c’est l’exemplarité de chaque instant !

Le Temple n’est finalement qu’une salle d’entraînement, la vraie vie est dehors, dans laquelle nous devons nous projeter et agir. Seuls existent les Francs-Maçons, qui eux agissent et s’accomplissent dans le Profane en respectant en toutes circonstances l’éthique maçonnique. Exemplaire d’honnêteté, exemplaire d’attitude mesurée, exemplaire d’acte réfléchi et juste, exemplaire du profond respect des autres et de soi-même et exemplaire de la volonté de transmettre nos principes et règles de vie. Il faut seulement s’ingénier à être, tout de suite, celle dans laquelle il nous plairait de renaître un jour. Et, comme le souligne St Jean de la Croix : « … en ayant pour guide que la lampe ardente de notre cœur ».

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