La marche vers la Lumière

Nous sommes dans cette période de l’année où la lumière est fêtée dans de nombreuses villes, par de nombreuses Associations. C’est une belle période avec des illuminations qui apportent la joie et le désir de comportements plus fraternels dans une société où l’indifférente règne.

L’introduction présentée sur le thème de « la marche vers la Lumière » a pour objet, avec votre participation active, d’appréhender autant que faire se peut ce concept de lumière qui à l’instar de Dieu, du Grand Architecte, ou d’autres divinités demeure un mystère. Ce concept est pour certains un mythe, une utopie, pour d’autres un espoir, voire une certitude.

Nous devons accepter le mystère car c’est accepter la clef qui ouvre le mental à la tolérance et ferme la porte aux idées préconçues. Nous verrons au cours de l’exposé que la marche elle-même est sujette à réflexion. Elle suppose un point de départ sur un chemin et, bien entendu, elle dépend de la façon de marcher. De mon point de vue, pour nous Francs-Maçons, la ligne de départ se situe à l’instant où l’on envisage sérieusement l’admission au sein de l’Ordre Maçonnique. Les étapes qui suivent ouvrent la marche. La lumière qui éclaire l’environnement lors de l’initiation (ou réception) n’a qu’un caractère physique qui veut exprimer une dimension métaphysique, difficile à saisir sur l’instant.

Il en est de même des symboles, supports de nos rites, où la lumière est toujours présente sous la forme allégorique. La réalité se révèle à nous progressivement avec plus ou moins d’acuité lors du parcours. Le parcours, à l’instar du pèlerinage de Compostelle peut emprunter différents chemins. La différence tient au fait que, contrairement à Compostelle, aucune carte ne définit le lieu d’arrivée et que vraiment rien n’assure que nous découvrirons quelque chose. Alors, certains se demandent où ils vont aboutir et se posent des questions : Pourquoi suivre un parcours qui consiste à réfléchir sur d’innombrables sujets ? Pourquoi vouloir élever son esprit ?

Nous ne pouvons pas répondre à ces interrogations, qui relèvent du doute et du peu de foi dans notre démarche. Suivant les structures et les Loges, en fonction des orientations « libérales ou spirituelles », nos travaux sont basés sur des réflexions républicaines, sociétales, ésotériques, avec toutes les nuances que cela peut comprendre. Nous voyons bien que le chemin emprunté est différent, il est assez improbable que la destination soit identique.

L’Ordre Maçonnique ne peut se départir de la culture occidentale pétrie dans l’histoire religieuse et la philosophie. Nous devons à cette culture l’association qui est faite entre la vérité et la lumière. Nous devons à cette association la métaphysique de la lumière éclairant la Vérité. Ainsi, la philosophie de Platon et la théologie Chrétienne de Saint Augustin établissent la relation entre la vérité et la lumière. Le premier à partir de la métaphore de la caverne, le second par référence au prologue de l’évangile de Jean. Au-delà de ces exemples, il faut noter que les religions du livre identifient la lumière à Dieu et qu’à ce titre les écritures dites révélées sont des guides et des lumières chacune pour leur part divine intrinsèque. Nous n’ignorons pas la lumière représentée dans l’Égypte et la Grèce antique par les Dieux et déesse ni d’ailleurs les illuminations des textes religieux ou philosophiques de l’extrême Orient.

Dans tous les cas, la lumière théologique est celle qui véhicule le message Divin. Elle occupe une place essentielle dans toutes les traditions religieuses. D’autres se réfèrent à la lumière de la création (c’est un peu le cas dans les Loges) ; mais si l’on considère que la création est d’origine Divine, il n’y a pas de différence car la Lumière exprimée d’une façon ou de l’autre s’avère toujours être le principe absolu immanent. Il convient également d’évoquer le concept philosophique du siècle des Lumières qui se caractérise par la lumière métaphorique des connaissances et non par l’illumination divine. La Lumière philosophique veut éclairer tous les hommes par la raison et s’oppose à l’obscurantisme religieux. Le siècle des Lumières n’est pas resté sans effet sur la pratique de la Maçonnerie dite libérale.

Je souligne cela pour dire qu’au sein des Loges du GOTM, sans négliger la philosophie, nos réflexions sont pour l’essentiel d’ordre ésotérique. Il faut le reconnaître, nos travaux en sont le témoignage, nous ne sommes pas particulièrement influencés par le siècle des Lumières. Notre Franc-Maçonnerie ésotérique, initiatique et humaniste propose un but ultime « la lumière intérieure c’est-à-dire la connaissance de l’être ». Elle éclaire le chemin à parcourir pour sortir des ténèbres de l’ignorance. Ce chemin est le symbole de la quête de l’être exprimé par la Tradition. Le thème de la Lumière ne répond à aucune exclusive. Il est essentiel à toutes les religions, à toutes les traditions et concepts philosophiques pour lesquels la lumière est la métaphore de la Vérité. Au terme de ces quelques réflexions, je vous encourage à exprimer ce qu’est votre Lumière, quel est votre Chemin.

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