Fraternité

Comme toujours, dans mes recherches, je n’apporte jamais de réponse, mais je tente des questionnements, et ce sujet, la Fraternité, a été foison de questions, de réflexions, je vous les livre avec, certes, un peu plus de construction que lors de leur venue dans le chaos de mon esprit.

Alors, si « Ordo ab chao » est la devise du REAA, n’oublions que « Aboussum non tellair yousoum ». Bon cette dernière locution ne veut rien dire, mais je la trouvais jolie, et je ne savais pas comment traduire « que nous sommes tous au départ le chaos de notre construction ».

La fraternité.

Fraternité est le lien de parenté entre frère et sœur, de solidarité entre ami(e)s etc. C’est la définition d’un vieux Larousse que l’on m’a offert lors de mon passage au CM2, et attention au premier qui dit que ceci explique cela me concernant. Si j’ai choisi de retranscrire cette définition en préambule, c’est, que mis à part qu’elle ne soit pas fausse, elle est incomplète pour moi comme d’ailleurs toutes les définitions que j’ai pu trouver à ce jour, quel que soit le support et je me suis même aperçu que chaque être humain avait son idée de la fraternité, que chaque frère et sœur avait non pas sa propre conception de la fraternité, celle-ci étant commune, mais sa propre façon d’imaginer, réaliser sa conception.

Alors qu’est la fraternité?

Quelles que soient les personnes concernées, famille, ami(e)s, et même si le terme fraternité peut englober tout ce qui existe pour le meilleur et parfois pour le pire selon les sources, le mot commun qui revient dans toutes ces définitions, sans exception, est le mot « Lien ».

Alors, partons vers le lien de la fraternité, le lien du sens de la vie, le lien du commun à communier et tentons de relier l’individuel à l’universel, car rien est, mais tout devient.

Sommes-nous frères parce que nous avons décidés d’agir plutôt que de réagir ?

Réfléchir la fraternité, c’est réfléchir à ce que nous avons en commun. Et tenter de réfléchir à cette question, c’est accepter de réfléchir à la question de la création.

Bien entendu, à notre propre création, mais également, à tout ce qu’il y a sur terre ; plus encore, c’est tenter de réfléchir autant au comment qu’au pourquoi. Si, de nos jours, nous ne pouvons qu’émettre des hypothèses sur la création de l’univers, et donc de la vie, une autre question se pose, comme je le disais, aussi importante que le comment, et qui est le pourquoi ; pourquoi, dès les stades les plus primitifs de la vie, nous observons une intentionnalité d’ascension, de développement ?

La cellule est à la base de tout ? Sujet sur lequel j’étais parti, et dont la question était de comprendre ce qui avait suggéré la division.

Lors de mes études en Cognitive, j’ai eu un professeur qui nous répétait qu’il fallait essayer de démontrer ce qui était faux pour se rapprocher du vrai, de la vérité. La première des pistes à écarter, c’est que pour que la création soit, il faut nécessairement de l’eau, de l’air, de la chaleur ou de la terre. Le Tardigrade, espèce microscopique, invertébrée et pluricellulaire peut vivre sans eau, sans air, sous la glace et, plus étonnant encore, on en a retrouvé des traces sur des météores tombées du cosmos.


Qu’est ce qui nous lie alors ?

Quand je te regarde, toi ma sœur, toi, mon frère, le lien que je vois est-il juste une division cellulaire ?

Est-il quelque chose de spirituel ?

Serait-ce ce qui a fait que nous sommes matière vivante qui nous unit ?

Serait-ce ce que nous voulons réaliser ? Serait-ce les deux ?

Ce qui nous soude, la fraternité Maçonnique, serait-ce ce refuge où nous pouvons nous abstraire de nos contingences ?

Ce refuge : le temple Maçonnique, ce Temple où les Maçons n’ont pas à dépendre d’incorrigibles errements de la matérialité de la vie, un Temple où ils enrichiraient leur intelligence et leurs connaissances?

Certes, c’est un de nos leitmotiv, mais entre l’idéalisation de la chose et sa réalisation, qui ne laisse pas de plumes en passant ?

Dans la vie, ceux qui se relèvent, qui font progresser les choses, sont ceux qui ont pris conscience de leurs faiblesses et les assument. Affronter la lumière n’est pas à la portée du premier venu, d’ailleurs, bon nombre de derniers venus sont les premiers partants.

Nous sommes tous des formidables éphémères en puissance dans l’histoire du Tout. Après nous, une fois que ceux qui nous ont connus seront disparus, seules nos idées, nos pensées, nos actes resteront et porteront notre souvenir. Ça peut faire sourire à notre image, mais ces souvenirs sont l’âme immortelle des nations évanouies.

Se poser en Frère, en Sœur, c’est tout faire pour ne pas se tromper de combat, laisser les exigences bassement animales à la porte du Temple, non pas le Temple du mardi, du jeudi ou du vendredi, mais à la porte de son Temple personnel.

Être Frère et Sœur c’est abandonner notre mentalité passionnée et partisane.

Serait-ce la Loge alors qui nous rend Sœur et Frère ? Dans ce cas, quand est-il de Ce, ou Ceux, qui n’en sont pas ?

La fraternité concerne-t-elle uniquement la Maçonnerie, sous prétexte que nous étudions les symboles, références attestant de l’appartenance de l’homme à l’univers ?

Aucun symbole n’existe en dehors de nous, nous sommes ce « Un », partie intégrante du « Tout ».

La vie est-elle une opportunité ?

Une source énergétique primordiale qui entre en contact avec un contenant de matière sous forme latente, de façon impromptue, aléatoire, le hasard de la vie, pourquoi pas ! Qui serais-je pour dire que le GADLU n’est pas un joueur de casino ?

Pour tenter de répondre à cette question, je me suis penché sur les pistes qui écartaient « la bonne étoile », le hasard.

Étant un tantinet taquin, que trouve-t-on dans la traduction du best-seller le plus vendu de l’histoire et que pourrions-nous en penser ?

D’après la bible, dieu crée l’homme à son image, Adam vient d’être nommé.

S’il est décrit comme étant le premier homme, il n’en est pas moins le premier dans l’ordre de la nature, il est le sommet de la création terrestre. Il est le premier responsable de la lignée dont va découler l’Humanité. Sa primauté est d’ordre moral.

ADAM, analysé sous cet angle, serait-il le plus homme des hommes ? le premier homme à être doté de conscience, de raison, de liberté, de responsabilité, d’autonomie, d’un esprit incarné, non identique à dieu, mais à son image ? Le septième jour, selon cet ouvrage, ce Dieu ne se retire-t-il pas pour lui laisser le libre arbitre de la continuité créative ? L’image !

Autre fait intéressant en lisant la bible, c’est qu’il y a plusieurs ADAM. Le premier a été fait âme vivante, le dernier est un esprit qui donne la vie. Continuons ce Santa Barbara version religieuse : le premier homme, issu du sol, est terrestre, le second homme, lui vient du ciel, il ne peut que conférer la vie éternelle. Si de ces deux principes-humains avait découlé un troisième humain de principes ?

Je ne pouvais pas parler de cet « ADAM » sans aborder les Lettres Hébraïques, Carlo Suarès et Fabre d’Olivet.

Première façon de lire, « Adam » est : Aleph – Daleth – Mem final (1-4-600) : אדם

– Le Daleth est l’existence physique de tout ce qui est, il s’affirme contre la vie-mort qu’est l’Aleph.

– L’Aleph est le principe de vie-mort en interaction avec cette résistance, principe de tout et de tout ce qui n’est pas, l’élément clé du possible parmi tous les possibles. Comme image symbolique, il représente l’homme universel, le genre humain, il caractérise l’unité, le point central, le principe abstrait d’une chose, voire même pour certain une monade.

– Le Mem final est l’aboutissement cosmique de la fertilité.

La racine AD est composée des signes de la puissance et de la divisibilité physique, elle indique tout objet distinct, seul, extrait de la multitude. Tout ce qui émane d’une chose : la puissance de la division, l’unité relative, une émanation.

Si nous résumons, le principe de l’abondance naturelle et la division entre en contact avec l’élément de vie/mort pour générer, germiner, dans une exaltation cosmique, un principe de fertilité.

La création se résumerait-elle à cette équation : 1-4-600 ?

Cette équation serait-elle un instrument, un moyen, susceptible de nous faire accéder au(x) monde(s) spirituel(s) à partir d’une structure matérielle ?

Une autre interprétation possible est Daleth – Aleph – Mem final (4-1-600).

Ici, le principe « vie-mort » se place en résistance à tout ce qui est et devient une potentialité, exaltée par le Mem, l’aboutissement exalté de la fertilité.

Pourrait-on y voir ce que nous interprétons par le terme « sélection naturelle » ?

Si le Aleph est la source énergétique à la base du Tout, la cellule souche, que fait Adam de cette cellule l’humain ? Si le sang que nous avons en commun n’était pas ce qui nous unit. S’il n’était qu’un moyen de transport et que l’important était ce qui le compose, le sang comme autobus du principe de vie, l’Uber du Aleph ? Aristote considérait que l’homme devait chercher l’épanouissement de toutes ses fonctions biologiques afin de réaliser ce qui constitue son essence intime pour renaître après la mort dans le monde de l’esprit.

Dans cette logique, le sang sert-il à transporter cette « énergie » dans chaque organe ? Adam ne serait-il pas ce qui émane de la division cellulaire, de la puissance de cette division, l’affranchissement ?

Nous sommes tous différents, mais nous sommes les mêmes dans notre essence, nous avons tous un ADN différent, mais le principe vital reste le même, nous sommes Frères par notre construction, nous sommes Nous par notre esprit.

Si notre Fraternité était d’être simplement humain, ou simplement sur terre, ou simplement vivant ?

Et si, après avoir pris conscience de cette réalisation, il fallait s’en libérer pour devenir l’Etre?

Nous sommes humains par transmission, animal par hérédité.

Si cet Adam biblique n’était pas l’Homme ni le premier homme, mais si il était le schème primordial du principe humain ?

Il n’est pas à l’image de Dieu, il est son ombre, au même titre que l’image symbolique de mon passage devant le miroir.

Serais-je mon dieu créateur devant cet Adam « miroitique »?

Devant ce miroir, combien de pseudo Frères narcissiques ont bu la tasse?

Dans les textes égyptiens, nous trouvons plusieurs définitions de cet ADAM ; l’Homme formé abstractivement par l’assemblage de tous les hommes.

N’est-ce pas le but de la Franc-Maçonnerie ?

N’est-ce pas l’image de l’assimilation ?

En ayant voulu être reçu Franc-Maçon, et en ayant été reçu par la Loge, nous avons accepté cette charge : amener l’homme à l’Humain, la personne à l’Être.

Cet Adam serait-il la représentation de la germination universelle ?

Posséderions-nous, chacun d’entre nous, une partie de cet Être Universel ?

Le but de la Fraternité ne serait-il pas de reconstituer ce puzzle par association d’humains, de cet Être sublimé ?

Rassembler ce qui est épars, en fait !

Être Frère signifie avoir une même origine qui puise sa source dans son universalité. Pour Marc Aurèle : « Les hommes ne devraient se séparer ni en cités, ni en nations puis qu’ils sont tous des membres inhérents du grand corps qu’est l’Univers. Tous les êtres ont la même nature et proviennent de la même source ». On dit également, dans certains ouvrages, que ce qui nous rend frères c’est notre conscience consciente. Peut-être, mais dans ce cas, on élimine de la Fraternité tout ce qui n’est pas Homme. Sauf si nous partons du principe que chaque chose sur terre a son utilité dans le dessein cosmique.

Ainsi, l’Homme, avec sa conscience consciente, serait le « capitaine » du vaisseau, le guide dépendant de tout ce qui est sur terre.

Et si la fraternité était une harmonie vitale représentant le Tout ?

Cela peut paraître rêver de penser ainsi, mais comme l’a dit Daniel Beresniak : « refuser de rêver est la manière la plus douloureuse de se suicider ».

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