Les Métaux (Pensées autour du dépouillement)

Le début de mon voyage initiatique, il y a fort longtemps, a été marqué par un cérémonial mystérieux : à la sortie du cabinet de réflexion, on me banda les yeux, on mit mon sein et mon genou gauche à nu et on me dépouilla de mes métaux.

Pourquoi m’enlever ces objets, chers de significations et au combien utiles ?

Retirer les métaux au profane, c’est lui enlever le plus grand corrupteur de conscience, c’est renoncer aux biens naturels. L’homme se met à nu et abandonne ce qu’il a de valeur matérielle sur lui. Cet homme devient pauvre et démuni. On a enlevé à l’impétrant les armes qu’il portait, qui traduisent son attachement et sa lutte menée dans le monde profane.

Il entre alors dans le temple en passant par un étroit passage, il sort de terre et subit les épreuves des éléments : la terre (il vient d’en sortir), l’eau, l’air et le feu.

C’est la naissance du nouvel homme, mais comment va-t-il grandir, progresser, évoluer après avoir subi ces épreuves, après avoir été dépouillé de ces métaux ?

Le sel, le souffre et le mercure, présents dans le cabinet de réflexion, sont étroitement liés à l’abandon des métaux : on parle maintenant d’Alchimie, discipline qui recouvre un ensemble de pratiques en rapport avec la transmutation des métaux, on transforme les métaux « vils » en or , de par l’action de l’air, du feu, de l’eau et de la terre sur ces métaux en utilisant le sel, le mercure et le souffre. Cette action peut transformer une pierre brute en pierre philosophale, capable de réaliser la transformation en or.

Symboliquement, nous abandonnons nos métaux pour subir une transformation par l’action des 4 éléments sur le sel, le constituant de la personnalité, puis sur le mercure représentant tout qui est ce qui entre en nous, tout ce qui développe nos vertus féminines et, enfin sur le soufre qui exalte l’initiative individuelle et se traduit par des qualités viriles. Nous sommes une pierre brute qui, par alchimie, va tendre vers la pierre philosophale, vers notre élévation spirituelle.

On peut associer les phases du travail alchimique à l’âge de l’apprenti.

Ces phases au nombre de trois correspondent, en effet, à l’âge de l’apprenti : 3 ans. L’abandon des métaux, au début de l’initiation, débute le cycle alchimique des trois ans maçonniques jusqu’au grade de compagnon.

Le sens figuré de ce dépouillement est l’abandon volontaire de toute passion avant notre entrée en loge, cette passion destructrice et aveuglante qui nous empêche tout discernement et toute réflexion. Notre amélioration ne pourra se faire qu’à la maîtrise ou l’abandon de cette passion. Les métaux représentent ce qui brille d’un éclat trompeur. L’esprit du profane se laisse facilement séduire par ces notions fausses idées communément admises.

L’homme doit apprendre à se faire pauvre d’esprit pour pouvoir approcher sa vérité et ne pas être aveuglé par ce qui brille dans le monde profane.

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