Les Surveillants en Loge bleue du Rite Français Moderne de 1783

Second surveillant :

Alors mon Frère, qui es-tu et quel est ton office, ici au 1er degré du Rite Français Moderne de 1783 ?

1er surveillant :

Le Très Vénérable, alors qu’il me fit monter à ses côtés à l’Orient, me remit le bijou de 1er Surveillant : le niveau, symbole de ma fonction et me fit prendre place ici. Il en a été de même pour toi dans ta charge de Second Surveillant, je me trompe ?

Second surveillant :

Effectivement et après toi, j’ai reçu de la même manière, mais mon bijou et place ne sont pas identiques. Ta place est bien particulière, l’entrée de la Loge…

1er surveillant :

Bien plus que cela, je siège à l’Occident, au pied de la colonne épelée B.O.A.Z.

Regarde, je ne suis pas dans l’axe du temple et je fais tout de même face au Très Vénérable. Cela me donne une vision parfaite des deux Colonnes. De là, je reçois la Lumière et à mon tour, j’éclaire la Colonne du Midi.

Second surveillant :

Quelle Lumière ? Tu parles de celle qui émane du Très Vénérable ou parles-tu de la Lumière de la Colonne ? Dans les 2 cas, tu captes et renvoie, c’est bien cela ?

1er surveillant :

Oui ma sœur, c’est bien cela. Je reçois la Lumière du Très Vénérable ainsi que l’énergie de la colonne et j’éclaire ma colonne. Comme un mouvement permanent de transmission.

Second surveillant :

Moi aussi, j’ai une vision parfaite, mais je n’y avais jamais réfléchi (hi, hi !) en ces termes. Car si tel est ton cas pour la Lumière, c’est aussi le mien ?

1er surveillant :

Bien entendu, tout en étant au pied de la colonne du Septentrion, épelée J.A.K.I.N., ta fonction agit de même.

Second surveillant :

Je pensais qu’il n’y avait qu’un seul « canal », celui du Très Vénérable. Car de cette place, j’observe le soleil à son méridien. Et dès que j’indique qu’il est midi au Très Vénérable, il peut ouvrir les travaux de la Loge et le rayonnement s’opère.

1er surveillant :

Oui, tu attestes du cycle temporel. Le temps est ponctué c’est ta manière d’appeler les Sœurs et les Frères du travail à la récréation et inversement afin que tous, nous en retirions profit et joie.

Second surveillant :

Oui, profit et joie, mais nous en débattrons plus tard.

1er surveillant :

Revenons à notre sujet. La responsabilité initiatique du 1er Surveillant le place entre notre Très Vénérable et toi, le Second. Ainsi, je suis donc à votre disposition permanente pour vous apporter conseil et assistance ; je suis une sorte de confident, j’aide le Très Vénérable à réfléchir tout haut chaque fois que cela est nécessaire. Il est donc impératif que nous partagions la même idée de la maçonnerie que nous désirons mettre en œuvre et c’est pareil pour toi, voire même plus.

Second surveillant :

Vraiment ?

1er surveillant :

Et oui, comment vas-tu aider les apprentis à leur faire dégrossir leur pierre ?

Second surveillant :

Par l’application de la Règle et de ses principes et à l’aide du Rituel que nous tentons de comprendre.

1er surveillant :

Ainsi, il faut encore en posséder une compréhension partagée ; quel avenir pour eux-mêmes et la Loge si nous ne parlons pas le même langage et n’avons pas les mêmes objectifs ? Ça, c’est une des composantes fondamentales pour construire notre communauté initiatique.

Mais je vais bientôt faire de même avec mes compagnons qui vont arriver.

Bien……. Outre cela, mon devoir est de :

  • Maintenir de la discipline parmi les ouvriers,

  • Observer la ponctualité au travail et l’assiduité des Sœurs et des Frères, et il m’incombe de les rappeler à l’ordre s’ils se relâchent dans leur zèle,

  • Veiller au respect de la Règle.

Second surveillant :

Développe un peu car, tes mots me paraissent précis et je n’ai pas forcément compris…

1er surveillant :

La discipline parmi les ouvriers, évidemment je ne suis pas un garde chiourme, même si parfois, j’aurais bien aimé… Mais non, je ne suis pas là pour sanctionner. En revanche, il existe LA Règle, texte fondateur auquel toute loge souscrit en adhérant au GOTM et doit appliquer, mais aussi, et par voie de conséquence, tout maçon.

J’ai le devoir d’en faire mention autant que de besoin pour rappeler nos engagements chaque fois que nécessaire. Par exemple, il doit inciter les Sœurs et les Frères à plus de présence physique ainsi que le mentionne le principe 6 de notre Charte : « Les apprentis et les compagnons doivent être présents à chacune des tenues même si la Loge travaille aux 3 degrés symboliques à des fins d’instruction et de recherche. »

Le principe 10, quant à lui, évoque l’engagement vis-à-vis du trésor initiatique de la Loge qui devient nôtre. « Il est constitué et constamment enrichi des morceaux d’architectures, des recherches, des réflexions et des travaux élaborés par nous tous ». Et pour nous élever, une dernière référence (et pas la moindre) le principe 13 relatif à « notre recherche constante du sens » qu’est la symbolique par la démarche initiatique et ésotérique.

Second surveillant :

Cela n’est pas mon travail mais je m’octroie ce devoir lors des réunions avec les apprentis. Je tente de leur faire casser leurs limites, ouvrir les tiroirs que l’enseignement profane a instauré entre les disciplines et qui cloisonnent les esprits. Réaliser des ponts entre Notre Règle qui trouve corps dans les symboles que l’on observe partout ici et l’instruction du rituel, c’est un bon exercice qui permet un retour à une approche holistique et subtile.

Discuter sur ces 3 plans en même temps, permet d’acquérir une meilleure connaissance de la Règle initiatique. Nous sommes sur le chemin difficile et beau de la construction de notre Édifice. Mais quelle joie que celle qui règne dans nos cœurs lorsque nous avançons un peu, et parfois plus …

En te disant ces mots, un seul me vient aux lèvres : ferveur.

1er surveillant :

Tu n’as pas choisi la facilité pour eux. Arrives-tu à leur faire comprendre toute la transmission du grade que tu tentes ?

Second surveillant :

Sincèrement ? Je ne le pense pas.

Même si tous les symboles ne sont pas abordés dans le détail, cela n’est pas grave à partir du moment où ils cheminent sincèrement et qu’ils acquièrent la Méthode. Ils cherchent sans que je leur demande et nous en discutons en réunion. Mon but est de leur faire comprendre qu’ils peuvent faire voler en éclat leurs murs, rompre leurs carcans. S’ils sont sincères (ce qui est fondamental), alors la route vers la vision juste, vers leur conscience sans mensonge, eux avec eux-mêmes, s’ouvrira à leurs pieds, ouvrant la perspective.

Nous, les anciens par rapport à cette génération, n’avons-nous pas l’habitude de dire que ce que l’on croyait avoir compris se révélait faux à partir du moment où nous accédions à un autre degré qui nous éclairait de manière complémentaire ?

1er surveillant :

L’Orient éternel n’est pas encore à l’ordre du jour et la connaissance du symbole reste inachevée pour toujours !

Second surveillant :

Je suis bien d’accord avec toi. Avant cela nous devons leur faire gravir les marches du temple. Pour ma part et lorsqu’ils seront prêts, il sera temps pour eux de passer au grade de compagnon. Et c’est toi qui les accompagneras dans leur cheminement. Mais tiens, comment cela se passe avec toi pour tes compagnons ?

1er surveillant :

Lorsqu’il en aura fait la demande auprès de moi, son 1er Surveillant. Dès lors, et seulement si, ce compagnon a fait son temps d’au minimum de 12 tenues au deuxième degré (car c’est la convention du GOTM), le 1er Surveillant le propose à la Maîtrise.

Second surveillant :

Mais comment le sais-tu ?

1er surveillant :

Ce Compagnon qui voyage depuis son passage au grade, je suis son cheminement, ses déplacements, ses visites, ses présences et interventions, je l’aide dans ses travaux, l’état d’avancement de son chef d’Œuvre.

Le 1er Surveillant est donc à même de percevoir quand le compagnon semble prêt.

Second surveillant :

Quelle assurance !

1er surveillant :

Pas du tout, toi comme moi n’en sommes jamais certains. Évidemment, il y a toujours un risque à prendre. Le 1er Surveillant n’instruit pas comme le fait le Second. Il peut suggérer, orienter par petites touches, mais surtout il doit être présent pour le compagnon chaque fois que cela est nécessaire. Il est à sa disposition comme le sont tous les Maîtres mais, un peu plus qu’eux.

Second surveillant :

Comment travaille le compagnon ?

1er surveillant :

Le Compagnon est libre de sa méthode c’est-à-dire de travailler à sa manière. Et justement, le 1er Surveillant doit lui ouvrir les yeux si le Compagnon commet des erreurs dans son processus méthodologique.

Mais ces erreurs sont nécessaires. Il s’éprouve lui-même. Comme tout un chacun, c’est par l’erreur que nous avançons et que nous comprenons.

C’est ainsi que la libération du Compagnon s’opérera : par une succession d’erreurs.

S’il travaille, il commettra des erreurs et d’erreurs en erreurs, le Compagnon intégrera la symbolique, l’ésotérique et plus encore.

Second surveillant :

Alors mon Frère, peut-on dire qu’avec le temps et force de travail qui sera de plus en plus facile quand à la méthode et de plus en plus profonds et précis quant aux sujets d’études, progressivement, par la découverte de cet Art Royal dont il va distinguer les secrets, il se constituera franc-maçon dans sa plénitude, en Homme Royal ?

1er surveillant :

C’est notre espoir de Surveillants ma Sœur.

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