Choisir entre l’éphémère et l’éternel

Longtemps, je me suis dit que le mot Royaume était difficile à comprendre.

Qui règne en ce Royaume ?

Et si c’est le Père, comment régnera celui qui trouvera ?

Il y a là une contradiction flagrante sauf si l’on considère, à la limite, que le Père règne dans les Cieux et l’homme sur lui-même (l’intérieur) et sur la terre (l’extérieur). L’homme croit dominer alors qu’il ne comprend rien.

Il ne sait rien du mystère de la vie et de la mort. Il ne sait rien du Royaume. Le Royaume n’est pas un territoire ni une richesse. Le Royaume est à l’intérieur de l’homme.

La méthode initiatique s’évertue à nous montrer comment découvrir le Royaume en se méfiant des propositions quotidiennes faites par les religions dites du Livre pour endormir et dominer. L’initiation sera l’aboutissement d’une profonde recherche qui sera, en même temps, expérience de vie et non de fidélité à des pratiques pieuses. Je me réalise en apprenant à me connaître, c’est-à-dire en cherchant à comprendre mes motivations, en acceptant mes troubles pulsionnels, mes désirs y compris sexuels. L’amour se connaît dans l’expérience.

La Loge maçonnique n’enseigne que cela et c’est déjà beaucoup.

Puis, je comprendrais l’autre.

Voici l’ordre de notre recherche : pour être connu (par les autres) ou reconnu « comme tel » (être initié par exemple), il faut impérativement se connaître.

Mais que veut dire se connaître ? Que les mots ne nous séparent pas !

La connaissance de soi et l’accès au divin est la même chose : la connaissance de notre véritable nature. Ce n’est pas une affaire de foi, mais plutôt de démarche. Il faut aller vers soi ou vers dieu. Le but sera le même : c’est le « va vers toi-même » kabbaliste.

Vivons-nous dans un monde fait d’apparences ?

L’image serait le monde des formes dans lequel évoluerait notre corps, nos sens et nos pensées ? La réalité serait le monde du mouvement de l’esprit dans lequel nous vivrions, aussi, mais sans le savoir. Peut-être que le moyen essentiel pour y accéder serait la simplicité du cœur et de la pensée.

La première épreuve est la clairvoyance de toutes les tendances qui régissent son être intime. Je ne tiens pas à garder la sympathie de «tout le monde» et à bénéficier de l’excuse des gens normaux. Je suis entré dans le dédale apparent de cette recherche ésotérique et je ne resterai pas dans l’ombre complice où toute vérité qui menacerait de montrer son visage est aussitôt voilée d’une médiocrité rassurante et classée sous le nom d’un système connu afin de me décourager.

Je m’exerce à écouter cette vibration qui répond à la conception d’une réalité, cette voix qui me dit : « Ecoute sans te lasser, regarde la fleur s’ouvrir quand elle a besoin du soleil, regarde son désir. Regarde ce qui cherche en toi, pour parvenir à discerner qui cherche, et ce que tu cherches. Regarde ce qui ne se voit pas, et peu à peu, ton regard intérieur s’ouvrira comme tes yeux s’habituent peu à peu dans l’obscurité. Le but est devant toi, marche vers lui sans tourner la tête. »

Va vers toi-même !

Se complaire dans le passé, c’est se fixer dans la stérilité. Élague les détails superflus. Éloigne les souvenirs inutiles. Refuse le rappel des soucis et des vains regrets. Évite les discours oiseux, pour retrouver le sens de la Parole. Simplifie pour pouvoir concentrer. Je dois me préparer à toutes les éventualités qui ne manqueront pas d’arriver. Il faut donc, dans cette attente, parfaire ma pureté comme le grain de moutarde, le germe cosmique pour être la moelle de l’os, le constituant primaire de la vie. Alors, le Royaume est possible. Alors, le cherchant entre dans une nouvelle dimension, il va pouvoir vivre pour l’œuvre et l’œuvre seulement. Travailler, assumer nos naissances, nos formations, nos parents, nos écoles, nos églises, c’est construire l’Arbre de la Création, qui donnera son fruit Un et Multiple… depuis son germe jusqu’à son couronnement.

Ce n’est pas le travail de son cerveau, de son imagination, de sa créativité qui permet à l’homme de créer son Royaume et ainsi atteindre sa stature divine. Ce Royaume n’est pas soumis aux Lois de notre monde visible, il pose les actes répondant à un ordre supérieur : nous-mêmes dans la pureté la plus parfaite possible. Pour cela, il est obligatoire de restructurer notre être.

Nos pensées sont en permanence éparpillées alors qu’elles auraient bien besoin d’un axe essentiel. Le seul mystère à résoudre, le seul qui mérite nos efforts et notre persévérance est notre intérieur. Quand la graine de l’initiation est plantée dans l’homme, la graine devient créatrice d’un état différent qui se déploiera visiblement et positivement pour l’homme, pour les autres, les fruits, les oiseaux, la Nature, le Cosmos.

Le vrai mystère, celui de notre intérieur, est totalement impossible à comprendre du premier coup, parce que c’est celui de l’existant. Je suis le témoin nécessaire de ma transformation parce qu’elle reflète la lumière. Je suis le regard que le monde porte sur la lumière. J’annonce un passage important ou une prise de conscience nouvelle et essentielle.

L’enseignement est toujours disponible, il suffit d’être libre et spontané. Pourtant, soyons conscients que les assauts des pensées, des émotions, des passions et des tendances instinctives sont autant de « pillards » qui arrivent, sans prévenir, pour dérober la clarté de notre esprit et la tranquillité de notre cœur.

Il faut tout faire pour empêcher les « voleurs » de nous piller, il faut être avisé ! Les plus grands systèmes finissent par tomber en poussière, toutes les pensées s’avèrent finalement inutiles, car la pensée n’est qu’une chose créée par nous-mêmes. Luttons donc contre nous-mêmes.

Si nous nous regardons tels que nous sommes vraiment, alors nous avons une chance d’atteindre la vérité. « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres » (Jean, 8-32). Il faut ne pas confondre cette attitude de retour vers soi-même avec une simple émotion située sur le plan d’une réaction ordinaire. D’autant que nous savons qu’un cherchant, engagé sur le chemin de sa transformation, rencontre des ennemis surtout d’ordre intérieur. Et c’est seulement quand nous voyons clair en nous que nous pouvons être utiles aux autres. En fait, nous devons avoir un regard de vérité. Je paraphraserai une maxime célèbre prêtée à Sénèque : « ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas que les choses sont difficiles ».

La Connaissance de soi est pénible parce que nous avons peur de la connaître. Nous tentons en permanence de fuir ce que nous sommes. En fait, il y a toujours un travail à réaliser sur soi et notamment faire en sorte que la montagne (de nos préjugés, de nos erreurs, de nos fautes d’analyse, de notre suffisance, …) s’écroule. C’est dire si l’objectif est encore et toujours difficile à atteindre : retourner à sa place quand on croit être arrivé ! Il faut assumer sa transcendance. Le cherchant est dans le monde s’il n’est ni le monde ni du monde.

À chacun de nous, individuellement, d’en prendre conscience et d’avoir toute la conscience de son devoir. Il faut acquérir les clefs, par l’effort, le don de soi et non par envie, par vanité, ou besoin de paraître. Il y a deux voies : la marche initiatique basée principalement sur la vertu du désir spirituel ou le chemin balisé par la compréhension doctrinale.

L’initiation semble toujours un processus destiné à réaliser psychologiquement, peut être même « psychanalytiquement » le passage d’un état à un autre, l’un des états étant réputé supérieur à l’autre. Il s’agit bien d’un changement ontologique. Notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour.

Nous, francs-maçons, nous adeptes d’une fraternité initiatique, tout comme toutes les sociétés initiatiques d’ailleurs, pensons plutôt que l’objectif est de laisser « crouler » le temple, la montagne, … – en fait tous les mythes de la construction définitive – quand l’homme est construit. Quand ce temps arrivera-t-il ?

Jamais, je l’espère !

Il y aura toujours un renversement possible, une remise en question nouvelle et bénéfique. Les gnostiques considèrent que le temps que nous passons sur terre est un moment d’exil voire de sommeil. Nous sommes, dès que notre conscience s’ouvre, des hommes partis ailleurs et qui sont en permanence ailleurs. C’est dire si les hommes éveillés sont différents, ils attisent tout autant l’envie que l’agressivité. Ce sont ces épreuves qui affermissent ou tuent notre volonté d’affirmer notre différence pour devenir des exemples et de ce fait des « éveilleurs ». Nous sommes solitaires parce que nous nous acceptons comme nous sommes, parce que nous vivons avec nous-mêmes, parce que le besoin d’être indispensable a disparu, parce que nous n’attendons plus ni remerciements ni reconnaissance de nos actes.

Il ne faut pas croire, pour autant, que seule la spiritualité compte, il faut qu’elle soit appliquée au quotidien pour le bien du plus grand nombre, il faut être utile à nos Frères, tous les hommes de la terre. Certes, nous sommes libres (en potentialité), mais cette liberté crée la solitude ; il nous faut l’accepter comme une donnée. Et pourtant, nous sommes membres d’une collectivité, ne l’oublions jamais : l’ermite ne sert personne, même pas lui-même ! La véritable liberté, en fait, ne sera atteinte que dans le royaume quand nous aurons réalisé l’unité de notre être double. Nous serons dans le royaume quand nous saurons aimer.

Nous pouvons aimer…

L’amour n’est pas quelque chose que l’on fait, c’est une qualité de notre être. Ainsi, nous sommes revenus à notre propre source. Nous sommes nés d’amour et nous devons transmettre cet amour. Nous percevons que, ainsi, sans connaître et sans définir ce Royaume, cet objectif, ce devoir, nous pouvons l’atteindre.

Ce revirement total est essentiel pour quitter définitivement le monde de l’ego « matériel ».

Jean ne disait-il pas (Jn 12,25) : « qui aime sa vie la perd… ».

La grande difficulté réside dans la compréhension véritable de ce processus ; de quelle manière doit-il être vécu ? Peut-on réellement soutenir qu’il est possible d’aimer véritablement non pas sur le plan émotionnel, mais un plan spirituel ?

Il faut sortir du mental pour aller vers une véritable attitude foncièrement ouverte aux autres. C’est difficile, c’est merveilleusement difficile !

Connaître l’autre, le comprendre m’aide dans ma transformation. L’amour ainsi ne peut être qu’une construction jour après jour. Aimer c’est donner à l’autre sa réserve d’énergie, source de toute vie.

En fait, nous avons à éprouver au quotidien notre capacité d’être « comme dieu », c’est-à-dire à participer « de, par et pour » cette création permanente.

Être « comme dieu », c’est atteindre le stade ultime du perfectionnement : l’Unité.

L’unité c’est percevoir d’un seul coup le prodige des apparences qui nous transforme en êtres libres. Dès lors, la dualité de notre pensée ne pose plus de problèmes. Dieu n’est plus qu’une simple projection de notre mental. Seule l’unité compte dans notre démarche de dévoilement. Telle est, en essence, la loi fondamentale qui veut que toutes les potentialités de l’être soient réalisées.

L’homme, dont l’intelligence n’est pas illuminée par la sagesse, se laisse prendre par ses propres illusions, il construit des œuvres extérieures à lui-même dans lesquelles il s’investit et épuise la totalité de ses énergies. Il ne se construit pas.

Une œuvre suggérée par d’autres ou par une prétendue « autorité » supérieure écrasera l’homme au lieu de le construire. Chaque fois que, sur le chemin de notre initiation, nous rencontrons des remparts, des fortifications, une barrière… c’est une invitation à « passer » pour découvrir en nous « l’humide » c’est-à-dire notre désir de dépassement, notre désir d’énergie vitale.

Si le royaume est à l’intérieur de nous, quel est-il ?

Je ne suis pas certain d’être capable de répondre à cette question. J’ai le sentiment que c’est un état supérieur de notre « être-conscience ».

Le chemin vers la réalisation spirituelle est semé d’embûches, il faut commencer par supprimer les visibles (ce qui est en haut de la montagne). Tout le problème consiste à choisir entre l’éphémère et l’éternel.

Le royaume est en fait le premier principe de vie. Il est en filigrane tout au long de notre quête. Il n’est ni mâle ni femelle tout en étant à la fois mâle et femelle. Autrement dit, il n’est pas opposition, mais complémentarité, il est en quelque sorte androgyne.

À l’inverse, il n’est ni perfection, ni béatitude, ni lumière parce qu’il est à leur origine. Il est absolu et ne demande jamais, pour être atteint, la perfection, la béatitude, la lumière. Il faut franchement être sur le chemin et ne pas éviter ou fuir les écueils qui ne manqueront pas de se présenter. Si nous rencontrons la zizanie, et nous la rencontrerons inévitablement au cours de notre vie, il ne faut ni l’éviter ni la combattre.

Sans aller jusqu’à l’aimer, nous devons ne pas nous en occuper, elle sera extraite naturellement. Sinon, nous perdrons non pas seulement notre temps, mais une partie, souvent non négligeable, de notre stock d’énergies, nous perdrons une partie de notre bon grain…

Dans la tradition hébraïque, le royaume est partout et essentiellement à l’intérieur de nous. Le terme « des cieux » est manifestement une interpolation. Si le royaume est en nous, il est évident que le royaume ne peut être que très personnel. À nous, de le chercher en nous. Les symboles ne sont que des jalons sur ce chemin et nous avertissent des erreurs à ne pas commettre. En fait, ces symboles sont comme des portes que nous devons passer et chacune d’entre elles est de plus en plus serrée pour ne laisser passer que l’essentiel à l’image d’un tamis. Nous devenons de plus en plus « pauvres » dans le sens où notre grabat s’allège. Nous nous dépouillons à chaque passage, nous quittons tous les systèmes dans lesquels nous nous étions installés par la force de l’habitude, par la puissance des autres sur nous-mêmes.

À ce moment, nous repoussons l’influence des autres, des cultures, des religions … pour n’être plus que nous-mêmes. Chaque symbole nous éclaire sans nous dire comment réaliser ce passage, nous ouvre des perspectives sans nous contraindre, nous offre des voies nouvelles d’investigations en nous laissant le choix de la pratique. Ici, la pauvreté est nécessaire pour entrer en nous-mêmes, pour naître, enfin, à nous-mêmes.

Laissons de côté tous les efforts que nous réalisons tous les jours pour gagner quelque subside de plus pour réaliser notre « rêve », … d’acquérir un écran plat ou quelques jours de vacances à Acapulco.

Éphémère rêve, inutile pensée, vaine projection de notre ego « sociétal ». Pour celui qui veut devenir important, la porte du royaume est fermée. La vie est ailleurs, la vie est en nous si l’on jette toutes nos béquilles.

Alors, nous nous couronnerons nous-mêmes, nous serons Rois, dans le sens ésotérique du terme, nous serons dans notre royaume. Telle est notre mission !

Je sais, le chemin initiatique n’est pas tendre pour le cherchant…

Nous ne sommes pas capables de comprendre un enseignement la première fois que nous le recevons. C’est entendu, la difficulté s’adresse à tous les cherchants qui, à un moment du chemin, pense avoir trouvé. L’alchimiste sait que la première fois que la couleur est rouge dans sa coupelle, l’œuvre au rouge est encore loin. Il ne faut pas s’illusionner soi-même. Il ne faut pas croire qu’au premier progrès, l’objectif est atteint.

Ici, est affirmé que si nous voulons avancer sereinement, il faut quitter les oripeaux de notre éducation, des enseignements reçus, de la sérénité et du confort qu’une famille peut apporter. La sécurisation et le réconfort ne sont pas de mise dans une démarche initiatique. Sachons-le définitivement !

A contrario, le Royaume est souvent décrit comme un festin. Un festin symbolise le plaisir de vivre, le sens de la fraternité et du partage. Être Frère, c’est partager.

Ce symbole est très fort, partager la nourriture, c’est un symbole d’amour.

Ce qui est proposé clairement par l’initiation est l’arrachement aux illusions et aux identifications. Évidemment, cela remet en cause radicalement l’estime de soi et les fausses images dont est constitué l’ego. Le cadre social, le cadre moral sont proprement pulvérisés. Les conventions, les statuts protecteurs explosent devant une telle transmission initiatique.

Et pourtant tout le monde est invité !

L’invitation est permanente. La porte est ouverte, mais elle s’ouvre de l’intérieur. Le Royaume ne s’achète pas avec les biens terrestres. Chacun a la liberté : choisir le monde ou choisir l’éternel.

L’appel est clair : se libérer de l’ego et rechercher l’essentiel, retrouver l’essentiel à savoir être capable de marcher dans le monde sans être de ce monde. L’ignorance est dissipée et l’ouverture à autrui est, enfin, grande et définitive. La vie est !

Je sais que nous ne sommes pas toujours à même de comprendre ce fait pourtant tangible. La vie est et sera éternellement, n’en déplaise à tous les thuriféraires habituels. Si nous voulons jouir pleinement de la vie, il nous incombe de respecter des règles élémentaires. Avant toute chose, nous ne sommes propriétaires de rien, rien ne nous appartient.

Ceci concerne non seulement les fruits que nous récoltons, mais également les droits, le savoir, le pouvoir et même la bonté dont nous nous parons.

La source de notre être, dès que nous en avons conscience, n’est pas à l’extérieur de nous et sa loi d’harmonie n’est ni une jouissance ni ne peut se faire au détriment d’autrui, au détriment de la nature.

L’homme est prêt à tout pour s’accorder à lui-même richesse et pouvoir. Le propriétaire en est la réalité absolue. Nous ne sommes, en fait, absolument pas les héritiers, nous ne sommes que les continuateurs. Dans notre mission, nul besoin de possession, seule l’humilité doit nous guider. Il ne suffit pas d’être pauvre, il ne suffit pas de vouloir l’initiation pour l’obtenir, il ne suffit pas de travailler la symbolique, il ne suffit pas d’éviter tous les faux-fuyants, il faut en plus, pour créer le socle, le fondement même de notre être, être « haïs» et « opprimés » parce que l’on est différent. Ce retournement exceptionnel, mais réalisable, est le travail quotidien que nous devons réaliser afin d’aller vers notre accomplissement. En conséquence, si nous sommes à l’intérieur de nous-mêmes, il va falloir trancher dans le vif également sur le plan collectif. Il va falloir émonder sérieusement pour que seules les branches « vivantes » portent des fruits mûrs et succulents. Des réactions d’hostilité et de violence naissent fréquemment contre les éveilleurs d’hommes. Sachons que de telles périodes, nécessaires en l’occurrence, ne sont que passagères et qu’elles nous mènent vers un autre mode de perception ou à un niveau de conscience plus grand. Il ne s’agit pas de « pardonner les offenses », il faut ne pas se sentir offensés. Nous sommes, une nouvelle fois, dans le domaine d’une connaissance née de l’expérience vécue.

La tradition hébraïque nous apprend que le mot « yada » veut dire à la fois connaître et aimer. Connaître vraiment c’est aimer la création, la respecter, la vénérer car elle est vie. Le monde a toujours besoin d’un Roi. Celui qui devient Roi dans une démarche initiatique est celui qui a vécu toutes les initiations au sens de déconditionnement, de lâcher prise, de mettre l’ego à la place qui lui revient c’est-à-dire être le moteur qui nous lance et qui ensuite se retire pour faire vivre l’Être qui est en nous.

Être Roi c’est donc atteindre la couronne, je n’ai pas dit se l’approprier !

L’œuvre accomplie par le cherchant connaîtra son couronnement parce qu’il aura intégré tous les enseignements, qu’il saura qui il est et quelle est sa mission. Le cherchant possèdera, alors, sa plénitude, il commence à vivre pour sa mission et non plus pour lui seulement.

C’est pour cela que les kabbalistes disent : « le royaume achevé ne fait que naître ». La puissance véritable est de savoir qui l’on est. C’est notre mental qui fractionne, qui établit 2

des différences. Tout est simple, il est à portée de nos mains, il suffit d’un peu de volonté de voir clair en nous, un soupçon d’enthousiasme pour vivre en vérité et la compréhension que rien n’est possible sans le travail. Alors, celui qui est puissant n’a nul besoin de reconnaissance extérieure et de satisfaction immédiate.

Nous devons être le propre acteur de notre vie. Si je suis près de moi, je suis près du feu (intérieur). Si je suis loin de moi, je suis loin du royaume.

Au plus, nous nous éloignons de notre Être, notre tréfonds, au plus nous nous éloignons du feu qui nous anime et du couronnement suprême.

L’enseignement me paraît simple ! Ce n’est ni une novation ni un ajout supplémentaire à notre compréhension, mais l’affirmation que tout est à l’intérieur de nous et qu’il est inutile de chercher ailleurs ce que nous avons en nous. En fait, le feu est le principe de vie, celui de la régénérescence permanente tant que celui-ci existera. Si le feu s’éteint, l’Être n’est plus. Par ailleurs, nous parlons souvent du feu de l’amour, l’amour qui unit deux êtres ou l’amour universel, ce feu est ce qui nous unit, nous rassemble et nous conduit vers notre réalisation, notre accomplissement.

À nous de faire vivre ce feu !

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